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Calculateur gratuit

Calcul des intérêts composés

Ce que votre épargne devient vraiment — pas le chiffre brut des autres calculettes, mais celui qui reste une fois les frais prélevés et l'inflation retirée.

Le guide

Trois chiffres, dont un seul est vrai

Tapez « calcul intérêts composés » et vous trouverez trente calculettes qui rendent toutes le même nombre : le capital brut, hors frais, en euros de l'année d'arrivée. C'est le chiffre le plus flatteur des trois qu'on pourrait donner, et le seul qui ne corresponde à rien de ce que vous toucherez.

Prenons un cas ordinaire : 10 000 € placés, 200 € par mois, vingt ans, 5 % de rendement. La réponse universelle est 108 025 €. Elle suppose qu'aucun contrat ne prélève rien et que les prix n'augmentent jamais.

Ajoutons ce qu'un contrat d'assurance-vie moyen prélève vraiment — 2 % sur chaque versement, 0,85 % par an sur l'encours — et le capital tombe à 94 354 €. Les frais ont emporté 13 671 €, soit 12,7 % de ce que vous auriez eu sans eux. Vous n'avez pas payé 13 671 € de frais : vous en avez payé 9 094, et le reste est ce que ces frais auraient rapporté s'ils étaient restés placés. C'est le mécanisme que le simulateur de frais détaille sur trois contrats.

Retirons enfin l'inflation, à 2 % — la cible de la banque centrale, donc l'hypothèse basse. Les 94 354 € en achètent 63 497 d'aujourd'hui. Sur les 58 000 € que vous aurez versés, l'enrichissement réel est de 5 497 € en vingt ans : votre rendement n'était pas de 5 %, mais de 0,76 %. C'est la même mécanique qui ronge l'ensemble d'un patrimoine, et elle ne se voit que si on la calcule.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas placer — l'alternative, laisser l'argent sur un compte courant, donne un rendement réel de −2 %. Cela veut dire que les trois leviers qui comptent ne sont pas ceux qu'on croit : la durée d'abord, les frais ensuite, le rendement visé en dernier. Le premier est gratuit, le deuxième se négocie, et le troisième ne se décrète pas.

Intérêts composés
Les intérêts d'une année rapportent à leur tour l'année suivante. C'est pourquoi la courbe ne monte pas en ligne droite : elle s'ouvre lentement les premières années, puis accélère — et l'essentiel du capital final se fait dans le dernier tiers de la durée.
Frais de gestion
Un pourcentage de votre encours prélevé chaque année, quoi qu'il arrive. Il paraît anodin parce qu'il est petit ; il est considérable parce qu'il s'applique à un capital qui grossit, et qu'il ronge aussi les intérêts que ce capital aurait produits.
Euros d'aujourd'hui
Ce que vaudra une somme future, ramenée à ce qu'elle achète maintenant. À 2 % d'inflation, 100 000 € dans vingt ans en achètent 67 000 : c'est le seul chiffre qu'on puisse comparer à son budget actuel.
Rendement réel
Le rendement qui reste une fois les frais et l'inflation retirés. C'est le seul qui décrive un enrichissement : un livret à 1,7 % dans une inflation à 3 % affiche un rendement réel de −1,3 %, et fait perdre du pouvoir d'achat chaque année.

Les quatre chiffres, et lequel compte vraiment

  1. La durée

    Le seul levier gratuit, et de loin le plus puissant. Vingt ans à 5 % transforment 58 000 € versés en 108 000 ; trente ans en 208 000. Dix ans de plus ne coûtent rien et doublent le résultat.

  2. Les frais

    Le seul levier qui se négocie. Un point de frais de gestion en moins vaut, sur trente ans, plus qu'un point de rendement en plus — parce qu'il est certain, là où le rendement ne l'est pas.

  3. Le versement mensuel

    Plus régulier que gros. 200 € par mois pendant vingt ans battent 40 000 € placés d'un coup à mi-parcours, et lissent le prix d'entrée au passage.

  4. Le rendement

    Celui qu'on cite en premier et qui se maîtrise le moins. Prenez le bas de la fourchette : une projection optimiste ne se corrige qu'en découvrant, trop tard, qu'il manque un tiers du capital.

Ce calcul ignore la fiscalité, qui dépend entièrement de l'enveloppe où l'argent dort — assurance vie, PEA, PER ou compte-titres ne sont pas imposés de la même manière, ni à l'entrée ni à la sortie. Et il suppose un rendement constant, ce que les marchés ne sont jamais. Pour le reste, [faites d'abord le compte de ce que vous avez](netWorth) : une projection ne vaut que par son point de départ, et l'évolution d'un patrimoine réel ne ressemble jamais à une courbe lisse.

Une projection part d'un chiffre que vous avez tapé

Ici, vous saisissez un capital de départ. Patrice le connaît : il tient votre épargne réelle à jour, tous supports et tous comptes, et projette la suite à partir de ce que vous avez vraiment.

Gratuit, sans carte bancaire. Vos données restent les vôtres.

Questions fréquentes

Chaque période, les intérêts s'ajoutent au capital, et la période suivante rapporte sur ce nouveau total — intérêts compris. Sur un versement unique, la formule est C × (1 + r)^n. Dès qu'il y a des versements réguliers, il faut sommer chaque versement avec sa propre durée de placement, ce que fait cette page mois par mois. Un taux annoncé à 5 % par an vaut ici 5,000 % par an, pas 5,116 % : le taux mensuel retenu est la racine douzième de l'annuel, pas son douzième.

Parce qu'ils calculent hors frais et hors inflation. Laissez les deux champs de frais à zéro et décochez la correction d'inflation : vous retrouverez exactement leur chiffre, qui est affiché ici comme référence sous le nom « sans aucun frais ». La différence n'est pas une divergence de calcul, c'est ce que votre contrat prélève et ce que les prix reprennent.

Oui, et pour une raison qu'on voit mal : les frais ne coûtent pas seulement ce qu'ils prélèvent, mais aussi tout ce que la somme prélevée aurait rapporté ensuite. Sur vingt ans à 5 %, 0,85 % de frais annuels et 2 % à l'entrée coûtent 12,7 % du capital final, alors que la somme réellement prélevée n'en représente que 8 %. L'écart est l'effet des intérêts composés, joué contre vous.

Si vous disposez de la somme aujourd'hui, la placer tout de suite gagne statistiquement : elle travaille plus longtemps. Mais un versement mensuel a deux vertus que le calcul ne montre pas — il lisse le prix d'entrée, et il se tient. Les 200 € prélevés automatiquement chaque mois finissent presque toujours par battre les 40 000 € qu'on comptait placer « quand le moment sera bon ».

Que votre capital grossit moins vite que les prix, et qu'il achète donc chaque année un peu moins. Un livret à 1,7 % dans une inflation à 3 % affiche un rendement réel de −1,3 % : au bout de vingt ans, 58 000 € versés valent 71 132 € en apparence et 39 384 € en pouvoir d'achat. Ce n'est pas une raison de ne rien faire, mais c'en est une de ne pas tout y laisser.

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